La
gratuité de l'enseignement - passé, présent, avenir
Bernard
Toulemonde
Inspecteur
général de l'Education nationale (1er trimestre 2002)
3.6. Les
manuels et les équipements des lycées : un progrès vers la
gratuité ?
a) L'utilisation des
nouvelles technologies de l'information et de la communication
Actuellement, les
élèves des lycées et des lycées professionnels doivent acquérir la
totalité de leurs instruments individuels de travail : manuels
scolaires, équipements de sécurité, trousseau, boîte à outils,
habillement, etc… Le coût moyen de ces acquisitions est élevé :
- manuels
scolaires de lycée : selon les filières et les niveaux, le
coût d'une collection de
livres se situe entre 1 000 et 1300 F (500 à 650 en terminale STI)
;
- manuels
scolaires de lycée professionnel : le coût moyen des manuels
est moins élevé
qu'en lycée, mais la situation est très variable (selon les
sections de CAP, BEP, Bac Pro.),
un peu plus chère en sections tertiaires qu'en sections
industrielles (où parfois il n'y a pas
de manuels scolaires) ; à noter aussi que des manuels de cycles
(BEP, Bac Pro.) y sont
assez fréquents, réduisant d'autant le coût pour les familles.
- équipements
des élèves : dans les filières technologiques et
professionnelles, les élèves
doivent, en fonction de leur spécialité, acquérir des vêtements
(blouses, bleus de travail…), des équipements de sécurité
(chaussures…), des outils (" boîte à outils " du
menuisier, de l'ouvrier du bâtiment, du cuisinier, du coiffeur, etc…).
Les coûts sont extrêmement
variables, moins élevés en général dans les filières tertiaires
(quasi nuls à ce titre en STT), importants dans la plupart des
filières industrielles, au sommet dans les filières
hôtellerie-restauration (aisément 2 à 3 000 F).
On notera ce
paradoxe que ce sont des élèves des milieux les plus modestes -qui
peuplent les
filières professionnelles et technologiques- sur lesquels pèsent les
charges les plus lourdes.
Comment les familles font-elles face à ces dépenses ?
Tout d'abord, des
établissements scolaires, des associations de parents d'élèves, des
coopératives prennent des initiatives, nombreuses et variées, pour
comprimer les prix : " bourses de livres ", achats
groupés à l'initiative du chef de travaux, du chef
d'établissement ou des professeurs, mobilisation des caisses de
solidarité, etc… Le " système D " fonctionne à plein, et
il convient d'encourager ces initiatives et ceux qui s'y consacrent.
Ensuite, une
partie des élèves bénéficie d'aides de l'Etat : allocation de
rentrée scolaire ; bourses : à noter que 40 % des élèves de lycée
professionnel (très exactement : 39,33 %) et
22 % des élèves des lycées bénéficient d'une bourse ; pour les
élèves des séries technologiques et professionnelles industrielles,
des " primes " tiennent compte du " surcoût " de
leur rentrée (prime d'équipement de 1 100 F, dont le doublement est
prévu en 2001) (
Une " prime à la qualification " de 2 811 F est versée aux
élèves de CAP, BEP et mentions complémentaires : elle vise plus à
" attirer " des élèves en LP qu'à apporter une aide à
l'équipement. Voir nos observations, ci-dessus, à propos des
fournitures scolaires, et les Annexes.
. Les fonds sociaux peuvent et sont aussi mobilisés à cette fin.
Enfin, des aides
extérieures peuvent également soulager les élèves : certaines
branches
professionnelles, des chambres de commerce et d'industrie offrent la
" boîte à outils " aux élèves qui se lancent dans telle ou
telle filière. Surtout, plusieurs conseils régionaux ont pris
d'intéressantes initiatives en faveur des lycéens. N'est-ce pas
signifier ainsi que le besoin est
pressant ? Ce faisant -mais c'est le propre de la décentralisation- tel
élève va bénéficier ici du
concours de la région, et là, tel autre n'aura rien.
N'est-il pas
temps, pour le Ministère de l'Education nationale, de prendre une
initiative, de fixer des priorités nationales conjointement avec les
régions, d'apporter son concours financier pour assurer un minimum
d'égalité sur le territoire de la République ?
En somme, nous
proposons que le Ministre de l'Education nationale, en accord avec les
Présidents de Régions, prenne sans tarder l'initiative de faire un
progrès vers la gratuité
des manuels et/ou des équipements en lycée et en lycée professionnel
Progrès de la scolarisation
et progrès de la gratuité :
Il convient
d'avoir à l'esprit les motifs de l'extension de la gratuité aux
manuels de collège en 1977 : la loi Haby instaure le " collège
unique " ; tous les élèves accédant désormais au collège, les
pouvoirs publics décident de leur fournir gratuitement le principal
outil de travail, le manuel. Progrès de la scolarisation et progrès
dans la gratuité sont intimement liés.
Le même raisonnement vaut aujourd'hui pour le lycée et le lycée
professionnel : presque tous les collégiens poursuivent désormais
leurs études en lycée (66 % des élèves de 3ème vont en seconde
générale et technologique) ou en lycée professionnel (un peu moins
d'un tiers, car certains élèves s'orientent vers l'apprentissage). Par
conséquent, ce progrès de la scolarisation, cette démocratisation des
lycées, doit s'accompagner d'un progrès de la gratuité,
en fournissant aux lycéens leurs principaux instruments de travail.
C'est ce qu'ont compris un certain nombre de régions, qui ont commencé
à apporter une aide aux lycéens.
Priorité aux élèves des
filières professionnelles et technologiques
Deux critères
conduisent à donner la priorité aux élèves des filières
professionnelles et technologiques :
- critère
social : pour des raisons évidentes, il faut donner la
priorité aux élèves qui en ont le
plus besoin. Or, incontestablement, les élèves des lycées
professionnels, globalement,
répondent à ce critère (40 % d'entre eux sont boursiers) ; il en
est de même des élèves des
filières technologiques. Massivement, c'est dans ces filières que
se trouvent les enfants
des milieux populaires : c'est à eux que doit aller d'abord une
aide.
A cet égard, ne peut-on pas s'appuyer sur un critère simple et
objectif : le bénéfice d'une
bourse d'Etat ? Il est vrai que certains conseils régionaux
abondent la bourse d'Etat (ex : Nord-Pas de Calais) ou accordent une
aide spécifique aux boursiers par la mise à disposition de manuels
(ex : Bretagne, Ile de France) ; d'autres abondent le Fonds Social
lycéen (ex : Poitou-Charentes ; Lorraine ; Picardie ;
Champagne-Ardenne) -imprimant un
caractère social à leur aide, sans faire du critère " bourse
" le seul critère d'intervention. Mais la majorité des
conseils régionaux, lorsqu'ils apportent une aide, le font
indifféremment à tous les élèves, boursiers ou non :
équipements des élèves de lycée professionnel et/ou des
filières technologiques (ex : Limousin ; Bretagne ; Rhône Alpes) ;
manuels scolaires (ex : Centre, Provence Alpes Côte d'Azur ; Haute
Normandie).
Nous proposons
de ne pas distinguer les élèves d'une même filière ou d'une même
série ou section et, par conséquent, d'aider tous les élèves
inscrits dans une filière, série ou section, indistinctement
(boursiers et non boursiers ; public et privé sous contrat ;
enseignement agricole).
D'une part, les
effets de seuil peuvent être injustes pour des familles peu aisées,
la concentration des aides sur les seuls élèves boursiers peut
entraîner des sentiments d'inégalités entre élèves, alors même
que, globalement, les élèves des filières prioritaires ici peuvent
être considérés comme remplissant le critère social. D'autre
part, sur le plan pédagogique, l'ensemble de ces élèves justifient
également une aide.
- critère
pédagogique : comme on le sait, l'orientation des élèves vers
les filières professionnelles et technologiques et, parmi
celles-ci, les filières industrielles (en particulier la filière
STI), s'opère difficilement : les élèves sont peu attirés par
ces secteurs, alors que les employeurs peinent à trouver une main
d'œuvre qualifiée. Les raisons pédagogiques viennent donc
renforcer ici le critère social : c'est d'ailleurs la raison pour
laquelle certains conseils régionaux ont pris l'initiative d'aider
les élèves qui s'engagent dans ces voies (Bretagne, Limousin,
Rhône-Alpes et Ile de France pour les filières non tertiaires).
Nous proposons
de donner priorités aux filières industrielles, pour des raisons de
coût des matériels nécessaires aux élèves et d'intérêt
général. Cette priorité pourrait se traduire dans une modulation
des tarifs : montant plus élevés dans les filières industrielles
que dans les filières tertiaires.
Les priorités
se dérouleraient de la façon suivante : tous élèves des filières
professionnelles ; puis filières technologiques (en commençant par
les filières industrielles et hôtelières) ; filières générales.
souplesse dans l'objet de
l'aide :
Compte-tenu de la
diversité des besoins selon les filières, l'objet de l'aide doit
nécessairement
être diversifié. Dans certaines sections, le besoin essentiel réside
dans des équipements (habits, outils, matériel…), dans d'autres il
s'agit de livres scolaires. En ce qui concerne les manuels scolaires,
l'évolution technologique conduit, comme dans le collège, à ouvrir la
définition à des supports autres que le papier. En outre, dans les
filières industrielles, -où il existe peu ou pas de manuels à l'heure
actuelle- rien n'interdit au contraire d'en inventer pour les élèves
de ces sections et d'y faire preuve d'innovation (manuels de cycle, par
exemple).
Nous
proposons de donner une grande souplesse aux formes d'aide aux lycéens
: équipements et/ou manuels scolaires.
Souplesse dans les conditions de mise en œuvre :
Dans les régions qui ont pris l'initiative d'aides régionales, on
rencontre, grosso modo,
trois systèmes de mise en œuvre :
- La subvention au lycée : dans plusieurs cas (PACA ; Centre ;
Bretagne et Ile de
France pour les manuels aux boursiers) l'aide est versée au lycée :
celui-ci fait son
affaire de l'achat des manuels et de leur prêt aux élèves. Dans le
cas du Limousin,
le lycée reverse la subvention régionale aux élèves concernés. (
En Rhône-Alpes, les " bourses professionnelles d'équipement
" des élèves de 1 ère année de CAP et BEP non
tertiaires sont gérées directement par les services de la région.
Ce système de gestion a l'avantage de la simplicité, de l'égalité et
d'être éprouvé :
c'est celui des collèges. Il faut avoir à l'esprit qu'il donne un
travail supplémentaire
à l'établissement (gestion financière et matérielle, récupération
des ouvrages prêtés,
etc… Des emplois-jeunes, dans quelques cas, viennent prêter
main-forte)- mais
n'est-ce pas dans l'intérêt général ? Il donne satisfaction aux
parents d'élèves,
bénéficiaires de la gratuité des manuels, mais retire aux
associations de parents les
" bourses des livres " qu'ils organisent traditionnellement.
Enfin, les libraires
peuvent se voir " court-circuités " et privés d'un marché
habituel.
- Le doublement du fonds social lycéen par un fonds social régional
Trois régions (Poitou-Charentes ; Champagne-Ardenne ; Picardie) ont
créé un" fonds régional " en faveur des lycéens, qui aboutit, en
somme, à doubler le Fonds
Social versé par l'Etat. A partir des objectifs fixés, le lycée
choisit les bénéficiaires.
Le système est extrêmement souple, social en évitant les effets de
seuil du critère "boursier ", il laisse une grande autonomie aux
établissements scolaires. Toutefois, en raison de l'importance des sommes en jeu, la tendance des
établissements peut
consister à abandonner le " cas par cas individuel ", qui est
l'esprit du fonds social
lycéen, au profit du " cas par cas collectif " (ex : achat
des blouses pour tous les
élèves de Sciences et Techniques de Laboratoire STL). On peut assister
à un
glissement vers une aide indifférenciée -ce qui, en soi, n'est pas
condamnable mais
peut aussi être mis en œuvre par d'autres voies.
- Le " chèque-livre "
:La Haute-Normandie a adopté un système dit de " chèque-livre
" : chaque élève
reçoit un " bon " d'achat de livres (350 F pour tous les
élèves entrant en lycée et
lycée professionnel ; 250 F pour les élèves de 2ème année
d'enseignement
professionnel), qui lui est remis par le lycée. Muni de ce chèque
( Bientôt transformé en carte de crédit)
et de la liste des
manuels de sa classe, arrêtée par le lycée, il peut s'adresser
librement soit à une
librairie, où il achète les livres correspondants (le " chèque
" vient amoindrir le
coût total), soit à une association de parents, auprès de laquelle il
va obtenir le
" prêt " de livres (les associations parviennent à prêter
la totalité de la collection, en
contrepartie du " chèque "). En région Pays de la Loire, un
système assez proche
s'est créé : des Associations (" Des livres pour tous ")
sont subventionnées (100 F
par élève des lycées intégrés au dispositif), font l'acquisition
des manuels et les
louent aux élèves pour un prix correspondant à 25 % du prix neuf.
Ces systèmes présentent beaucoup de souplesse, fonctionnent à la
satisfaction des
lycées, des familles, des associations de parents et des libraires.
Peuvent-ils être
généralisés et étendus à l'acquisition des équipements des
élèves des lycées
professionnels et technologiques (qui ne peuvent guère fait l'objet de
" prêt "), et
où les associations de parents sont peu présentes ? Peut-il alors
être pris en mains
par les établissements eux-mêmes (des chefs de travaux, d'ores et
déjà, procèdent à
des achats groupés, des coopératives de ces lycées opèrent des
mutualisations…) ?
Par rapport à ces différents systèmes, sans intervenir dans des
décisions qui relèvent de la
liberté des collectivités territoriales, il semble que le Ministre de
l'Education nationale
peut souligner son souhait de voir mises en œuvre des solutions :
- qui présentent une certaine simplicité, évitant par trop une
surcharge de travail des
lycées,
- qui préservent les intérêts légitimes des libraires et
fournisseurs,
- qui font place, autant qu'il est possible, aux initiatives et aux
responsabilités locales,
notamment celles des associations de parents d'élèves et du tissu
associatif.
Souplesse dans le montant de la prise en charge :
La souplesse dans le montant de la prise en charge est indispensable
pour différentes
raisons :
- extrême diversité des coûts des équipements dans les filières
professionnelles et
technologiques. Une région a précisé le montant de cette aide pour
chaque section, le
Limousin a rangé les sections en deux grands groupes. Il paraît
raisonnable, au moins,
de distinguer les sections industrielles et hôtelières des sections
tertiaires, en général
moins coûteuses.
- dans les filières professionnelles et technologiques, l'acquisition
des équipements
vaut, au moins, pour les deux années du cycle (1ère et terminale
technologique ; deux
années de BEP ; deux années de Bac pro) ; dans nombre de cas, dans ces
mêmes
filières, les manuels scolaires couvrent aussi le cycle. Dans ces cas,
l'essentiel de
l'aide doit porter sur la 1ère année.
- enfin, selon l'option, alors librement assumée par les familles (ex :
Haute-Normandie),
ou pour des raisons de coût financier global, la gratuité peut ne pas
être totale.
Action conjointe Etat-Régions
La mise en œuvre de ce progrès dans la gratuité pourrait se dérouler
par le canal d'une
démarche contractuelle :
- Accord-cadre : le Ministre de l'Education nationale et les Présidents
des conseils
régionaux pourraient signer un accord-cadre comportant les objectifs
généraux, les
priorités, les principes des modalités d'aide aux lycéens, le
calendrier progressif de mise
en œuvre.
- Convention avec chaque région
: l'accord cadre pourrait être
décliné région par région
( En Bretagne, l'aide aux manuels pour les élèves boursiers figure
d'ores et déjà dans le Contrat de Plan Etat-Région.). Cette convention reprendrait les priorités sur lesquelles l'Etat
s'engage ; bien
entendu, la Région pourrait aller au-delà (comme le font déjà
certaines d'entre elles).
- Conditions financières : en ce qui concerne les priorités nationales
et selon le calendrier
défini dans l'accord-cadre, le Ministère de l'Education nationale
apporterait son concours
financier. Cette contribution serait versée à la Région, qui aurait
la maîtrise d'ouvrage de
l'opération.
Comment verser la contribution de l'Etat ? Chaque année le montant
total de la part de
l'Etat serait transféré aux régions. Deux systèmes sont
envisageables : la parité joue au
niveau de chaque région, dans le cadre de chaque convention ; la
parité globale fait l'objet
d'une répartition entre les régions au travers de la DgD sur la base
d'un critère à définir, le
potentiel fiscal des régions par exemple, ou le nombre de jeunes, le
revenu par habitant,
etc...
Nous penchons plutôt pour une répartition du montant global de la
part de l'Etat en
fonction du potentiel fiscal des régions. Ce critère correspond mieux
au rôle régulateur de
l'Etat et à la volonté du Ministère de l'Education nationale
d'assurer, dans ce progrès de la
gratuité, une certaine égalité entre les élèves.
Calendrier
Le mécanisme devrait être enclenché dès la rentrée 2001,
compte-tenu de l'avance prise
par plusieurs régions. Ceci implique qu'une concertation étroite avec
les Régions
s'instaure au plus vite.
La montée en charge du dispositif pourrait s'étaler sur 5 années,
selon un plan qui respecte
scrupuleusement l'ordre des priorités (enseignement professionnel,
technologique,
général) (simulation n° 1), ou sur 4 années si l'on souhaite faire
coïncider les classes
filières technologiques avec les filières générales (Simulation n°
2).
SIMULATION 1
Montée en charge du dispositif sur 5 ans si la gratuité est mise en
place pour tous les élèves
selon le plan ci-après :
Année |
Elèves concernés |
Observations |
1 ère année (2001) |
1ère année de LP |
Pour chaque enseignement la
gratuité
se réaliserait ainsi selon le calendrier
suivant |
2 ème année (2002) |
1ère et 2ème années de LP |
Enseignement professionnel :
de 2001 à 2004 |
1ère technologique |
3 ème année (2003) |
1ère , 2ème ,
3ème années de LP |
Enseignement technologique
de 2002 à 2005 |
1ère et terminale technologiques |
seconde de détermination |
4 ème année (2004) |
1ère , 2ème , 3ème et
4ème années de LP |
Enseignement général y compris
seconde de détermination de 2003 à 2005 |
|
1ère et terminale technologiques |
|
seconde de détermination |
|
1 ère générale |
5 ème année (2005) |
1ère, 2ème, 3ème et 4ème années de LP |
|
1 ère et terminale technologiques |
Seconde de détermination |
1 ère générale |
terminale générale |
SIMULATION 2
Montée en charge du dispositif sur 4 ans si la gratuité est mise en
place pour tous les élèves
selon le plan ci-après :
Année |
Elèves concernés |
Observations |
1 ère année (2001) |
1 ère année de LP |
Pour chaque enseignement la
gratuité
se réaliserait ainsi selon le calendrier
suivant |
2 ème année (2002) |
1 ère et 2 ème années de LP |
Enseignement professionnel :
de 2001 à 2004 (sans changement comparé
à simulation 1) |
seconde de détermination |
3 ème année (2003)
|
1 ère , 2 ème ,
3 ème années de LP |
Enseignement technologique
de 2002 à 2005 (un an plus tard que
simulation 1) |
1 ère générale et technologiques |
seconde de détermination |
4 ème année (2004) |
1 ère , 2 ème , 3 ème et
4 ème années de LP |
Enseignement générale et seconde de
détermination de 2002 à 2004 (un an
plus tôt que simulation 1) |
1 ère générale et technologiques |
seconde de détermination |
Terminale
générale et technologique |
NB : les
mentions en gras correspondent aux classes nouvelles introduites dans le
dispositif cette année là.
Coûts
Si l'on part de
l'hypothèse -correspondant à notre proposition- d'une aide apportée
à tous les élèves, boursiers ou non, des séries professionnelles et
technologiques en priorité, l'évaluation des coûts comporte une
série de variables : durée du plan (4 ou 5 ans) ; gratuité totale
(mise à disposition de l'élève de son équipement ou de la collection
de manuels) ou partielle (contribution sous forme de "
chèque-livre " ou de " chèque-équipement ") ;
reconduction annuelle de l'aide (ex: fourniture de la collection des
manuels) ou non (le 1er équipement est acquis au moins pour la durée
du cycle) ; part de l'Etat (soit parité avec la Région ; soit 30 %
pour tenir compte des apports de l'Etat au titre des bourses, de la
prime d'équipement [portée à 2 200 F à la rentrée 2001], des fonds
sociaux).
- enseignement
professionnel : sur la base d'une aide de 600 F par élève de
1ère année de
CAP-BEP tertiaire et de 1 000 F pour les spécialités
industrielles, le coût global serait de 236 MF (30 % = 71 MF ; 50 %
= 118 MF) ; l'extension aux élèves de 2ème année, dans les
mêmes conditions porterait le coût à 460 MF (30 % = 138 MF ; 50 %
= 230 MF), aux élèves de 3ème année (1 ère année de
baccalauréat professionnel) 540 MF (30 % = 162 MF ; 50 % : 270 MF),
de 4ème année 605 MF (30 % = 182 MF ; 50 % = 302 MF). En revanche,
si l'on tient compte que l'aide au 1er équipement n'est pas
reconductible immédiatement et que les manuels peuvent être
conservés pendant le cycle, le coût global demeure, au moins
pendant les deux premières années, de 236 MF. Enfin, si l'on
applique, comme en Haute Normandie, un tarif forfaitaire de 350
francs la première année et de 250 francs la 2ème année, le
coût est de 98 MF la 1ère année (30 % : 29 MF ; 50 % : 49 MF),
auxquels s'ajoutent 67 MF la 2ème année, soit au total 165 MF (30
% : 50 MF ; 50 % : 83 MF).
- enseignement
technologique : sur les mêmes bases que l'enseignement
professionnel
(600 F pour les séries STT et SMS ; 1 000 F pour les séries STI et
STL), le coût global
pour les élèves de 1 ère technologique est de 108 MF (30 % = 32
MF ; 50 % = 54 MF),
de 136 MF pour les élèves de terminale, soit, au total 245 MF (30
% = 73 MF ; 50 % = 123 MF). Le coût est moins élevé, si comme
pour l'enseignement professionnel, on estime que l'aide au 1 er
équipement n'est pas reconductible ; resterait le problème des
manuels des séries tertiaires qui devraient être renouvelés
chaque année (le nombre d'élèves y est plus du double de celui
des séries industrielles). Enfin, si l'on applique un tarif
forfaitaire de 350 F la 1 ère année et de 250 F la 2 ème année,
le coût est de 63 MF la 1 ère année, auquel s'ajoutent 46 MF la 2
ème année, au total 109 MF (30 % = 33 MF ; 50 % = 55 MF).
- enseignement
général : si l'on applique un système de type " collèges
", mettant à
disposition des élèves la totalité de la collection, le coût est
très élevé (sur la base d'un
montant de 1 200 F par collection, le coût total est de 616 MF en 2
nde générale et
technologique, 401 MF en classe de 1 ère générale, 397 MF en
terminale générale), soit
au total 1 415 MF. Est-ce bien raisonnable ? En revanche, un
système de forfait -dont
le montant peut être discuté- serait plus justifié et à moindre
coût. Si l'on prend pour
base un forfait de 250 F par élèves, le coût s'élève à 128 MF
en classe de seconde
générale et technologique, à 83 MF en 1ère générale, à 82 MF
en terminale générale ; au
total : 294 MF (30 % = 88 MF ; 50 % = 147 MF). Sur la base d'un
forfait de 350 F, on
parvient à un coût total de 387 MF (30 % = 116 MF ; 50 % = 194
MF).
Ainsi, selon les
hypothèses envisagées, on peut aboutir à des coûts exorbitants (plus
de 2 milliards) ou, au contraire, à des coûts plus raisonnables (moins
de 600 MF à répartir entre l'Etat et les Régions, sur 4 ou 5
années). Il y aurait là un progrès dans la gratuité de la
scolarité, qui évidemment pourrait évoluer et se perfectionner
ultérieurement
|