La
scolarité obligatoire :
Celle-ci est actuellement organisée en deux temps, séparés par une rupture très (et sans doute trop) marquée : le temps de l'école élémentaire -précédée par l'école maternelle que tous les enfants fréquentent aujourd'hui à partir de trois ans au moins- et le temps du collège
- unique - à l'issue duquel la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation selon des voies différenciées.
Le collège
Il est depuis plusieurs années au centre de toutes les polémiques. Le Haut Conseil de l'évaluation de l'école souhaite donc que l'on observe le plus objectivement possible son fonctionnement et ses performances avant d'en débattre et surtout de trancher.
Sur 100 élèves entrés en 6ème en 1995, six ans plus tard, en 2001, 59 étaient entrés au lycée général et technologique et 36 au lycée professionnel. Pratiquement aucun n'était encore au collège et seuls 5 étaient sortis du système éducatif.
Cela signifie donc que 95
% au moins des élèves parcourent le collège dans sa totalité et accèdent au second cycle (ils étaient 75 % un quart de siècle auparavant) sans que les évaluations du ministère de la Défense, qui après avoir concerné tous les garçons touchent maintenant toute une génération, fassent apparaître de baisse de niveau.
Si l'on fait le constat que le collège constitue aujourd'hui le dernier segment de la scolarité obligatoire et qu'à la fin de cette scolarité, tous les élèves ont vocation à s'engager dans une formation qualifiante, non limitée aux voies générales des lycées classiques, cinq points méritent d'être soulignés
le caractère « unique » du collège, entendu au sens où tous les élèves le fréquentent et ne s'orientent dans une voie de formation générale, technologique ou professionnelle qu'à l'issue de cette fréquentation, constitue un point fort de notre système éducatif et doit être maintenu. Les comparaisons internationales y incitent en mettant en lumière, d'un coté, la relative faiblesse et les fortes inégalités de résultats que connaissent vers 15 ans les jeunes des pays qui, comme l'Allemagne, pratiquent toujours une orientation précoce vers la fin du primaire, et, d'un autre côté, le bon niveau et la relative homogénéité de résultats que connaissent au même âge, les jeunes des pays qui promeuvent au contraire une scolarité obligatoire continue et uniforme, et souvent sans redoublement.
la rupture est très forte entre notre école primaire et notre collège
: beaucoup a été fait pour donner de la cohérence aux programmes de l'une et de l'autre, pour clarifier le fait que les apprentissages doivent se poursuivre au collège, pour aménager l'accueil des nouveaux élèves dans ces établissements, mais il faut sans doute aller plus loin, en s'inspirant là aussi d'exemples étrangers tels que ceux que l'on vient d'évoquer.
II faut aussi expérimenter en fin d'école et en début de collège, en posant les questions des conditions
de travail et de vie des élèves et du rapprochement des pratiques enseignantes dans ces établissements. Le moment du début du collège devrait également être un des points d'application prioritaires des recommandations faites par le Haut Conseil au sujet des pratiques enseignantes.
un autre point, de nature différente, se doit d'être évoqué à propos du collège, celui de la
mixité sociale de la population qu'il accueille. Cette question a un double enjeu, un enjeu citoyen (les catégories sociales se côtoient de moins en moins à l'École) et un enjeu scolaire (les effets de contexte ont une influence sur l'enseignement délivré et sur les progrès des élèves). Or, les disparités de fréquentation entre les collèges sont maintenant bien connues et vont plutôt en s'aggravant: un collège sur douze accueille en moyenne des élèves issus pour près de la moitié des catégories sociales les plus favorisées (alors qu'elles ne représentent que 15 % de la population totale des collèges) et un sur cinq accueille en moyenne deux tiers d'élèves issus des catégories sociales les plus défavorisées (alors qu'elles représentent 45 % de la population totale). Cette situation tient, pour une large part, à la répartition de la population sur le territoire et il est manifeste que le « respect de la sectorisation » ne peut à lui seul la faire évoluer d'autant plus que ce respect de la sectorisation est souvent « refusé » par les catégories sociales les plus favorisées.
Cette question, délicate et complexe, doit être débattue.
les objectifs de fin de collège - ou pour mieux dire, de fin de scolarité
obligatoire - devraient être clairement explicités en conciliant deux approches très différentes de l'«empilement académique des disciplines », encore trop fréquent dans nos programmes
quelle doit être « la base commune des savoirs, savoir-faire et savoir-être des citoyens de base » que doit détenir un jeune en fin de scolarité obligatoire et quelle doit être la base de compétences sur laquelle il pourra construire ensuite une formation
qualifiante (4). Cette question devrait faire l'objet d'un traitement particulier dans le cadre du débat national sur l'avenir de l'école
: il importe que la société française dise clairement à son École ce qu'elle attend d'elle, pour tous, à ce moment essentiel. Le degré d'atteinte de ces objectifs doit être certifié, pour attester de ce que sait chaque élève en fin de scolarité obligatoire, pour l'aider à s'orienter vers une formation qualifiante, et pour contribuer à l'évaluation de chaque collège.
Cette réflexion essentielle doit être conduite compte tenu de ce que sont aujourd'hui les acquis de nos élèves de 15 ans (étude PISA) : des résultats dans la moyenne des pays de l'OCDE, pour ce qui concerne
la lecture (avec, il faut le noter, des résultats relativement meilleurs lorsqu'il s'agit de tâches faciles, comme prélever de l'information dans un texte, et des résultats relativement faibles, lorsqu'il est question de tâches de plus haut niveau, telles que donner son avis et s'emparer d'un texte comme support de réflexion personnelle), au-dessus de la moyenne pour les mathématiques, et tout juste à la moyenne pour les sciences.
(1) Avis n°2 sur l'appréciation et la certification des acquis des élèves en fin de collège : diplôme et évaluations-bilans.
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