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La
scolarité obligatoire :
Celle-ci est actuellement organisée en deux temps, séparés par une rupture très (et sans doute trop) marquée : le temps de l'école élémentaire -précédée par l'école maternelle que tous les enfants fréquentent aujourd'hui à partir de trois ans au moins- et le temps du collège - unique - à l'issue duquel la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation selon des voies différenciées. S'agissant de notre enseignement primaire, plusieurs points doivent être notés.
Le développement de la scolarisation en maternelle - qui concerne aujourd'hui tous les enfants de trois ans - a joué un rôle incontestable dans l'amélioration des résultats de notre système éducatif. L'efficacité de la scolarisation à partir de deux ans fait l'objet de travaux qui ne convergent pas toujours, est sujette à débats, et il n'est pas certain que nous disposions à ce jour de suffisamment d'éléments pour trancher. D'une façon générale, la recherche scientifique sur les processus cognitifs, sociaux, émotionnels et physiques chez les jeunes enfants, sur les interactions entre leurs différentes modalités d'accueil et le milieu familial, devrait permettre d'éclairer ces débats.
Sans qu'il soit question de réduire les apprentissages fondamentaux à la seule maîtrise de la langue française (article premier de la loi d'orientation), on a pris comme indice les compétences en lecture des élèves, envisagées à partir des différentes évaluations conduites aux plans national et international. La réponse à la question : « quel est le pourcentage d'élèves qui, à la fin de l'enseignement primaire, maîtrisent la lecture et l'écriture de la langue française ? » est nécessairement complexe et beaucoup de précautions doivent été prises avant de prétendre à une réalité scientifique incontestable. En croisant les évaluations les plus récentes qui permettent de mesurer le degré de compréhension de l'écrit, à des âges très différents, on peut avancer les points suivants
Tous les travaux disponibles convergent pour montrer que le moment des apprentissages fondamentaux, ceux qui ont lieu au « cycle II » de l'école primaire, c'est-à-dire à l'articulation entre la dernière année d'école maternelle -la Grande section que tous les enfants fréquentent- et les deux premières années de l'école élémentaire - le CP et le CE1- est essentiel dans une scolarité. Une lenteur ou une difficulté d'apprentissage au cours préparatoire compromet gravement le déroulement de la carrière scolaire ultérieure, surtout si elle est sanctionnée par un redoublement de cette première année d'école élémentaire, redoublement qui est en contradiction avec la politique des cycles. C'est à ce moment que se constitue un « noyau dur » d'élèves qui, ne maîtrisant pas les procédures élémentaires nécessaires aux apprentissages, ont du mal, à chaque niveau de la scolarité, à bénéficier des enseignements, et constituent vraisemblablement ensuite l'essentiel des jeunes que l'on peut considérer comme en danger d'illettrisme, lorsqu'ils participent à 17 ans à la journée d'Appel de Préparation à la Défense (JAPD). Ce constat n'est pas nouveau, et des mesures ont été prises au cours des dernières décennies : la création des cycles et les politiques successives donnant une priorité forte à la lecture ont permis un maintien des performances des élèves en fin d'école élémentaire, alors même que les redoublements diminuaient. Ce mouvement semble arrêté aujourd'hui et les comparaisons réalisées à l'entrée en 6ème ne font plus ressortir d'évolution notable, tant en ce qui concerne la proportion d'élèves en difficulté de lecture (de l'ordre de 15 % ) que celle de ceux dont les lacunes sont quasi-générales dans tous les domaines de la lecture (3 à 4 %). Le Haut Conseil propose d'évaluer la politique des cycles et d'explorer plus avant, et surtout d'expérimenter - dans l'esprit de ce qui a été réalisé en 2002-2003 au cours préparatoire- des mesures qui devraient intéresser, notamment et sans exclusive, l'ensemble du cycle II, depuis la grande section de maternelle jusqu'au CE1, et non pas le seul CP Ces mesures ne devraient pas se limiter à l'affectation de moyens (3), mais envisager des actions touchant à l'organisation des apprentissages et à leur progression. Le développement de la recherche sur les pratiques enseignantes les plus efficaces au regard des progrès des élèves, la diffusion auprès des enseignants de recommandations et de guides pour l'action, de repères susceptibles d'aider à organiser plus efficacement le déroulement des activités en classe, tels qu'ils ont été proposés par le Haut Conseil dans son avis sur l'évaluation des pratiques enseignantes du premier et du second degrés devraient trouver à ce moment-clef du cursus scolaire, un de leurs points d'application prioritaires. La mise à disposition des personnels intervenant dans ce cycle, d'outils d'évaluation des compétences et des acquis des élèves destinés à repérer et à faire la part entre des difficultés d'apprentissage - qui doivent faire l'objet d'un traitement pédagogique en classe - des dysfonctionnements du développement cognitif - qui impliquent l'intervention de spécialistes du développement de l'enfant- et de problèmes qui peuvent être de nature sociale ou médicale - qui supposent d'autres mesures - permettrait d'agir à l'école et parfois hors de l'école, dès le début des apprentissages, sans attendre que la difficulté se constitue et stigmatise les jeunes élèves. Ces outils sont à développer en prenant appui sur les travaux visant à mieux apprécier les compétences des enfants à différents niveaux de leur développement. Cela suppose que les progressions et les objectifs de chaque cycle de l'école soient parfaitement définis en liaison avec la poursuite des apprentissages au collège. (3) Avis n° 1 sur l'effet de la réduction de la taille des classes sur les progrès des élèves; avis n°7 sur l'évaluation des pratiques enseignantes dans les premier et second degrés. |
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Dernière mise à jour : dimanche 25 janvier 2004 |