Lors
de la synthèse des Assises des libertés locales à Rouen le 28
février 2003, le Premier Ministre a annoncé des mesures de
décentralisation de certains personnels et services de
l'éducation nationale.
L'annonce
de ces mesures n'a été précédée d'aucune réflexion sur les
missions que ces dernières remplissent, ce qui est incohérent.
Si
l'objectif de la décentralisation était d'améliorer
l'efficacité et la qualité des services publics, le
gouvernement aurait dû, avant toutes choses, engager une
réflexion en concertation avec tous les partenaires et en
particulier les parents.
Dans de
telles conditions, il y a lieu d'être particulièrement
inquiets et de s'interroger sur le but recherché. Les
déclarations contradictoires des Ministres qui ont précédé
et suivi les annonces du Premier Ministre ne sont guère
rassurantes.
Une
certitude, l'obsession du gouvernement est de réaliser des
économies au niveau de l'Etat et de transférer les charges aux
collectivités locales donc sur les impôts locaux.
La
première inquiétude concerne l'égalité des droits devant
l'éducation sur l'ensemble du territoire.
Les
conséquences du choix politique du gouvernement et des
modalités de mise en œuvre peuvent être redoutables :
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une
difficulté croissante pour de nombreuses
collectivités locales à assumer leurs missions
de service public en l'absence d'un système de
péréquation effective des ressources et des
dotations de l'Etat, ce qui entraînera une
aggravation des inégalités territoriales ; |
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le
risque de voir rapidement transférer certaines
missions au secteur privé (par exemple,
l'entretien des locaux scolaires) ; |
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une
plus grande difficulté pour les citoyens de faire
valoir leur point de leur et leurs droits dans la
mesure où chaque collectivité pourra édicter
ses propres règles, créant ainsi une inégalité
des usagers devant le service public (nous avons
l'exemple des inégalités en matière de
transports scolaires départementalisés). |
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La
logique retenue, celle de l'expérimentation à la demande, nous
paraît extrêmement dangereuse. Elle n'offre aucune garantie et
crée une France à plusieurs vitesses selon le bon vouloir des
collectivités.
Dans ce
cadre nouveau :
Quelles garanties pour la présence des personnels et des
services transférés à l'intérieur des établissements
scolaires ?
Quelles garanties pour la cohérence éducative alors que les
membres des équipes vont obéir à des logiques
institutionnelles différentes, voire antagonistes ?
Qu'en sera-t-il donc :
- des
personnels TOS et leur place dans l'équipe éducative ;
- du
servie de santé scolaire (on décentralise les médecins
mais pas les infirmières : où est la cohérence ?) ;
- du
service social scolaire ;
- du
service public de l'orientation scolaire et professionnelle.
Le simple transfert de compétences ne résoudra rien si le
rôle et les domaines d'intervention des CIO ne sont pas
définis dans un cadrage national.
Enfin, que signifie "confier la carte scolaire au pouvoir
local" ?
Nous vous invitons à interpeller vos élus sur leurs
intentions, à leur faire part de vos inquiétudes, et à les
mettre en garde contre les risques de la politique du
gouvernement en matière de décentralisation.
Vous
devez rappeler que nos enfants ont besoin d'aides-éducateurs,
de surveillants, d'enseignants, de personnels de service, de
personnels médico-sociaux, de conseillers d'orientation,
qualifiés remplissant des missions éducatives clairement
définies par l'Etat.
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