Ecoles : nouveaux programmes          

   Primaire : recentrage sur le français
 
Les nouveaux programmes du primaire (maternelle et école élémentaire) ont été présentés officiellement le 20 février 2002. Ils marient modernité, avec l'introduction des nouvelles technologies et recentrage sur la maîtrise du français, priorité des priorités.    lire les textes

 Les nouveaux programmes 

"Notre langue commune est la clef de voûte de toute l'architecture des programmes. Elle est comme un fleuve et les autres disciplines sont les affluents qui l'alimentent", a lancé le ministre de l'Education nationale jack Lang, devant la presse. "C'est une évidence absolue, l'accès au français et sa maîtrise doivent même être l'obsession permanente de tous", a-t-il ajouté.

Ainsi, le ministre a-t-il insisté sur l'accent à mettre, dès la maternelle, sur l'expression orale et un premier accès à l'écrit. "Il n'est pas question de primariser la maternelle ni de lui ôter quoi que ce soit de sa fraîcheur mais c'est là que tout commence, la réussite comme l'échec", a-t-il dit.

Le français doit garder sa place première dans la scolarité, avec 10 à 12 heures par semaine consacrées à l'apprentissage de la langue et au soutien personnalisé aux élèves en difficulté. Mais il doit aussi être une "irrigation" dans les autres disciplines. "Savoir comprendre un énoncé de maths, savoir tenir un cahier d'expériences en sciences, mettre des légendes en géographie, comparer même le vocabulaire et la syntaxe d'une langue étrangère avec la nôtre c'est encore et toujours faire du français", a déclaré Philippe Joutard, animateur du groupe de travail ayant conçu les programmes.

Vocabulaire et grammaire

Continuant à mettre l'accent sur le français, Jack Lang a souligné: "II faut réhabiliter les gammes, c'est-à-dire l'apprentissage du vocabulaire et de la grammaire, les programmes le font. Mais il ne faut pas y enfermer l'enfant dans le solfège, il faut lui permettre aussi d'interpréter une oeuvre, il faut lui donner aussi le goût de la culture et du plaisir de l'acquérir".

Les programmes de français donnent donc une place importante à l'initiation à la littérature avec même une liste conseillée de 150 ouvrages . De même, les arts visuels et musicaux entrent formellement dans les programmes. De même encore, le développement jusqu'à la généralisation de l'apprentissage d'une langue vivante en primaire (initiée en 1989) participe de l'ouverture sur le monde. L'introduction des nouvelles technologies et le développement de l'étude des sciences par l'expérimentation jouent sur la modernité....

"C'est l'originalité des programmes de resituer les apprentissages fondamentaux dans l'ouverture à la culture et au monde. Ils ont une double ambition: permettre un épanouissement harmonieux de l'enfant et lui apporter l'armature intellectuelle de base nécessaire à la poursuite d'études", a commenté. le ministre. II a également souligné que pour la première fois, ils ne se bornaient pas à énoncer les contenus mais aussi à préciser quelles compétences étaient attendues des enfants à l'issue du primaire.

Documents d'application

Les nouveaux programmes, leurs contenus et objectifs, sont édités, disponibles en librairies pour les parents et distribués aux 400.000 enseignants qui vont également bénéficier de documents d'application, discipline par discipline, les aidant dans leur pédagogie. Mathématiques, sciences et histoires sont sortis, les autres (il y en aura une trentaine) le seront dans les mois à venir. Enfin, la formation initiale et continue des maîtres va tenir compte des nouveaux programmes et des nouvelles méthodes.

 Réactions 

Si les syndicats et les parents d'élèves d'Alsace adhérent en général aux nouveaux programmes des écoles maternelles et élémentaires, ils soulignent le problème posé par les moyens à mettre en oeuvre.

Le Syndicat des Enseignants UNSA tonne le ton en affirmant que ces mesures sont "indispensables mais insuffisantes" et qu'il faut en attendre "le mode d'emploi". Il en apprécie "le caractère innovant et ambitieux" mais il redoute en même temps "de grandes difficultés de mise en oeuvre. "

"Divers manques"

D'un côté, il approuve "des objectifs définis en matière de compétences à atteindre,... une flexibilité qui donne plus d'autonomie aux enseignants,... la valorisation de la transversalité,... une pédagogie qui s'appuie sur l'expérience concrète,... l'importance accordée au "vivre ensemble. "
De l'autre, il désapprouve " le manque de hiérarchisation des compétences à faire acquérir par les élèves à la fin de chaque cycle,... le manque de réalisme par rapport à la généralisation des langues vivantes,... le manque de liaison avec les programmes du collège. "

En résumé, "s'il paraît logique d'être exigeant à l'égard du contenu de ces programmes, il convient également d'être exigeant sur les moyens qui doivent être dégagés : actions de formations soutenues, temps de concertation accru, réel effort pour définir les moyens nécessaires en équipements, en maté-riels pédagogiques. " 

Pour le SNUIPP-FSU "ces nouveaux programmes sont très bien dans l'ensemble, mais on oublie d'y ajouter les moyens,... ils ne sont réalisables que dans des classes pas difficiles possédant des moyens matériels,... même s'ils ne sont pas révolutionnaires, ils ont l'avantage d'être plus réfléchis et plus précis que les précédents. "

" Démagogie"

Le SGEN-CFDT est, quant à lui, plus virulent : " Nous sommes en plein problème de carte scolaire, c'est notre préoccupation essentielle ;... nous nous pencherons sur cette réforme quand le minis-tère aura doté l'académie des moyens nécessaires car il manque 220 postes rien que dans le Bas-Rhin, un sous effectif qui touche surtout les ZEP et l'enseignement spécialisé,... et 63 fermetures ce classes viennent d'y être proposées,... dans ces conditions présenter une telle réforme relève de la démagogie,... ce n'est pas ainsi que l'on va traiter les problèmes,... il aurait mieux valu par exemple pérenniser les emplois d'aides éducateurs. "

La FCPE adhère sur l'essentiel : "la maîtrise des apprentissages fondamentaux et l'enseignement des langues" mais pour elle "il s'agit d'une question de moyens : par exemple, un professeur des écoles ne peut se transformer en professeur d'anglais,... les moyens ne peuvent être dissociés de la démarche de rénovation de l'école. "

"Attendre pour apprécier"

Enfin, la PEEP "ne peut qu'approuver une réforme ambitieuse gui va dans le bon sens : transversalité des connaissances, apprentissage oral, qualité de l'écriture, travail en cycle,... on va asseoir les connaissances plutôt que les empiler,... mais il faut attendre pour apprécier si ces mesures contribueront à lutter vraiment contre l'échec scolaire."

Source : DNA du 21 février 2001 

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 Dernière mise à jour :  mercredi 01 mai 2002